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Bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda

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Prendre corps

Catherine Voyer-Léger

Avec ce texte charnel et sensible, Catherine Voyer-Léger réactualise les liens qui unissent langage, poésie et corps féminin. Penser le corps et les mots pour mieux panser la chair, tel est l'enjeu du projet.

Prendre corps n'est pas un livre comme les autres, c'est un livre-corps dans lequel la matière apparaît déprogrammée, morcelée. L'anatomie n'a ni ordre ni norme ; convoquée au moindre instant, elle a un vécu. Entre intimité et mémoire, larmes et désirs, ce projet d'écriture fragmentaire fait la confidence d'une expérience corporelle féminine et contemporaine. Des muscles aux sangs, des engourdissements à la douleur préhistorique qui s'irise, Catherine Voyer-Léger abolit la frontière qui sépare le superficiel du profond. Texte chaleureux, Prendre corps invite à devenir l'autre pour être soi, à pleurer et à rire selon chaque humeur, à penser le langage pour mieux panser la chair.

Sans folios, sans mode d'emploi, ce livre se vit.

Chaga en vrai

Roger Larivière

Non c'est non

Diana Bélece

Oui. Non. Le dictionnaire est assez clair sur la définition des deux termes. Oui : exprime une réponse positive à une interrogation. Non : préfixe exprimant la négation, le contraire, le REFUS. C'est ce que j'ai tenté de faire comprendre à Zackary, ce soir-là. Que je ne voulais pas. Même que je lui ai crié. NON ! Mais pour lui, ma réponse ne voulait rien dire. Et maintenant, je ne suis plus que l'ombre de moi-même. L'agression sexuelle est l'acte criminel le moins signalé à la police. Pourquoi ? Parce que la honte et la peur accablent la victime. Parce que la victime doit, en plus, faire face aux préjugés véhiculés par la culture du viol. Encore de nos jours, ce concept nous dicte « de ne pas sortir seule le soir, sinon on cherche le trouble », « de ne pas s'habiller sexy, parce qu'on provoque les hommes », « de ne pas embrasser si on n'est pas prête à aller jusqu'au bout », « de ne pas dire non après avoir dit oui ». Dans notre société dite évoluée, le fardeau de la preuve appartient toujours à la victime, non à l'agresseur. Il est primordial d'éduquer nos jeunes et de faire changer la honte de camp. Plutôt que d'enseigner à nos filles quoi faire pour ne pas être violées, apprenons à nos fils à ne pas violer.